C’est fait! J’ai completé mon premier triathlon Ironman70.3 (Demi-Ironman) et j’en suis fier! Il y a à peine un an, je pensais tout juste -avec frayeur- à m’inscrire à un premier petit triathlon, et voici où j’en suis maintenant. Voici le récit du weekend de la course.
VENDREDI: Nous avons atterri à Orlando le vendredi après-midi. On a pris possession de notre voiture de location (le nouveau Chevy Malibu) et nous sommes allé sur le site de la course Ironman à Disney pour m’enregistrer et se situer pour le weekend à venir. Le soleil plombait d’aplomb, ce qui faisait peur un peu car je n’ai pu m’entraîner que dans des conditions fraîches. L’enregistrement le vendredi a été une bonne chose car la file était super longue le Samedi! Nous avons aussi visité le magasin ‘Ironman’ pour acheter quelques souvenirs (t-shirts, casquettes).
Ensuite, nous avons été à notre hotel. Nous avions une suite au niveau Penthouse de l’hôtel Hilton Parc-Soleil au 15e étage, avec lit king et cuisine complète incluant un lave-vaisselle. La grosse classe! La vue était imprenable. Nous avons vraiment aimé notre séjour. Pour la soirée, nous sommes allés à Downtown Disney et avons mangé au restaurant House of Blues, avec un band qui jouait live.
 |
 |
SAMEDI: Le matin, nous sommes allés à Lucky’s Lake Swim (la nage en lac de Lucky) pour ma première pratique de nage hors-piscine de l’année. C’était toute une expérience. Il vaut la peine d’aller voir le site internet et regarder la video. Le gars est pareil comme sur la video. Il nous a accueilli en speedo et chapeau de cowboy pour nous diriger vers un emplacement de stationnement improvisé sur sa pelouse devant sa maison. C’est un bon concept : le gars a un domaine sur le bords d’un lac et invite tous ses amis (si tu te pointe, tu est son ami) a nager avec lui pour une traversée de lac, 6 jours par semaine. Et c’est assez populaire présentement : nous étions plus de 240 ce Samedi matin. Tel que promis, j’ai eu mon collant ‘I survived Lucky’s lake swim’, mon badge ‘Enter the food chain 1k swim’ et j’ai pu signer le ‘mur des célébrités’. J’ai fait une traversée du lac, et la nage s’est très bien passée et cela m’a donné confiance pour la course du lendemain. J’ai beaucoup aimé l’expérience.
Voir plus de photos de la nage chez Lucky
Ensuite nous sommes allés sur le site de la course pour prendre livraison de mon vélo, le tester et ensuite je l’ai enregistré et placé dans l’aire de transition (pour les courses Ironman, il faut placer son vélo en transition le jour d’avant pour aider la congestion le matin de la course… Imaginez plus de 2000 athletes se pointant à 5h le matin avec leur vélos…). Après avoir assisté à la scéance d’information obligatoire, nous sommes retournés à l’hôtel pour attendre ma tante et mon oncle en provenance de Miami qui venaient nous rejoindre pour assister à la course. Finalement, ma mère est arrivée à l’aéroport un peu plus tard pour compléter mon équipe de support.
Nous sommes allé manger Italien le soir (un repas de pâtes est idéal avant un course d’endurance). Le plan était de me coucher tôt, vers 21h00, mais j’ai dépassé pas mal. Je me suis plutôt couché passé 23h00. Au moins, je n’étais pas trop nerveux et j’ai trouvé le sommeil assez rapidement.
DIMANCHE - JOUR DE COURSE: Je me suis levé à 4:00 du matin, après une nuit de sommeil courte mais décente. Petit déjeuner : 1 banane, 2 toasts avec confitures et une demi bouteille de ‘Ensure’. Ensuite, j’ai eu la TRÈS MAUVAISE idée de placer un plaster sur mon 2ieme orteil du pied droit enfin d’empêcher un ongle de tomber pendant la course (il menace de le faire depuis quelques mois). Je payerais cher cette erreur plus tard. À 4h20, j’étais sur la route pour atteindre le site de la course. Il n’y avait pas de file à la navette du stationnement Disney, alors j’ai eu plein de temps pour préparer monn aire de transition. Cette préparation inclue :
- Installer l’ordinateur de bord sur le vélo
- Emplir toutes les bouteilles d’eau et d’ Infinit Nutrition
- Préparer le casque, les lunettes de soleil, souliers de vélo et de course, numéro de course, etc prêts pour une transition rapide et efficace.
- Appliquer de l’écran solaire et lubrifier l’entre-jambe 
- Préparer l’équipement requis pour la nage (bonnet de bain coloré, lunettes, combinaison de course)
- Identifier les trajets à suivre en transition pendant la course et des repères visuels pour trouver rapidement le vélo pendant la course parmi les 2000 vélos- il n’y a rien de pire que de ne pas trouver son vélo pendant la course (cela m’est déjà arrivé). J’étais dans la 3 ième range après un gros arbre en sortant de la nage; 4ième range à partir d’une clôture en revenant du vélo.
Ensuite j’avais plein de temps restant pour aller au toilettes 3-4 fois (je me vide à cause du stress) et rencontrer Corinne et mon équipe de support un peu plus tard. J’ai été très agréablement surpris quand je les ai vu arriver tous avec le même t-shirt que Corinne avait conçu et fait fabriquer à mon insu. Les t-shirts étaient SUPER avec écrit en gros devant ‘GO THIERRY GO’ et des personnages stylisés et ‘Ironmate - Support Crew’ à l’arrière. Je crois que certains de mes compétiteurs étaient jaloux de mon équipe de support!
Ensuite, il fallait patienter jusqu’à la vague qui m’était assignée, débutant à 6h12, presque 1 heure après les pros. Je croyais que je serais plus nerveux que cela, mais j’étais OK. J’avais eu une bonne préparation dans les mois précédents, et j’avais confiance en ma capacité de réaliser la nage.
NAGE - 1.9 km - 0:38:37 - environ top ~23% au total
Mes objectifs pour la nage étaient modesties:
1- Espoir de terminer en moins de 40 minutes
2- Éviter un panique pendant cette longue nage sans le sentiment de sécurité qu’une combinaison ‘wetsuit’ procure. Ma nage la plus longue en situation de course était de 1000 m et c’était seulement la 2ième course sans Wetsuit.
J’ai réalisé mes 2 objectifs sans problèmes. Ma nage était tout de même conservative, avec beaucoup d’arrêts après des contacts et des collisions (et il y en a eu beaucoup) mais j’ai conservé mon calme. J’ai même fait un peu de brasse au travers. Finalement, je n’ai pas navigué aussi près des bouées que prévu, augmentant la distance à parcourir. Donc ma performance au niveau de la nage aurait pu être meilleure.
Je suis toujours loin de mes temps en entraînement, mais je vois cela comme une opportunité : Je peux améliorer mes temps pendant la saison sans trop d’efforts si je travaille sur ces points et si je suis mieux concentré à garder ma forme et ignorer les contacts dans l’eau avec les autres nageurs.
En fait, je devrais être fier de terminer dans le premier quart des participants d’une nage Ironman70.3 quand on considère que je ne nageais même pas il y a à peine un an. C’est habituellement mon pire sport dans le triathlon, mais ce n’était pas le cas ce jour là. J’ai fait bien pire dans l’épreuve de course à pied.. En sommaire, ma nage était un succès.
TRANSITION 1 - 0:4:36
Ma performance était juste moyenne ici. J’ai pris un peu de temps en extra pour essayer - sans succès - de nettoyer mes pieds du sable qu’il y avait au sol dans mon coin de transition. Il y avait une grande distance à parcourir entre la sortie de la nage et mon vélo, et entre le vélo et la ligne où on peut le monter, ce qui explique le temps si élevé. La moyenne des participants ont pris 5 :08 pour cette transition.
Vélo - 90 km - 2:28:28 - top ~12%
Puissance Moyenne (sans les zéros): ~230watts
>Graphiques et carte: GARMIN CONNECT | TRAINING PEAKS
Super segment de vélo! Bien qu’on pourrait facilement conclure que j’ai dépensé trop d’énergie au vélo pour expliquer ma démise à la course, il n’en est rien. J’ai bien respecté mon plan de course ici, qui demandait une puissance moyenne de 240 watts. J’étais à 238 watts de moyenne pour plus de la moitié de ce segment, mais la moyenne a glissée plus tard à cause de plusieurs facteurs incluant côtes, aspiration légale (suivre des gens de près avant de les dépasser dans le temps alloué) et une réduction de puissance intentionnelle sur les 10 derniers kilomètres, une fois que je me suis rendu compte que mes quadriceps commençaient à montrer des signes de fatigue inquiétants.
Je me suis très bien senti tout au cours du segment. Ma course s’est presque terminé tragiquement quand au kilomètre 18 du vélo, quelqu’un en direction inverse a tiré une bouteille d’eau (intentionnellement ou par accident) directement sous ma roue avant. J’ai presque perdu le contrôle et ma roue s’est assez déformée sous le choc pour déplacer mes plaquettes des freins avant.
Au kilomètre 80, avec plus que 10 kilomètres à parcourir, j’ai noté que mes quadriceps commençaient à faire des crampes sous l’effort. Je ne suis pas certain de la raison : je n’ai jamais fait l’expérience de ces crampes dans mes séances d’entraînement même sur des distances plus longue et plus ardues. J’ai peut-être trop marché dans les jours avant la course. Aussi, je n’ai pas fait de sessions combinées NAGE+VÉLO en entraînement. J’ai donc décidé de réduire ma puissance en sortie sur les 10 derniers kilomètres sur roues. Vous trouverez ci-dessous le graphique de la puissance moyenne à ma roue arrière par section de 5km et la progression accumulée comparée à ma vitesse. La réduction de puissance à 80 km est évidente.
J’espérais une moyenne entre 33 et 34 km/h avant le début de la course, et j’ai éclipsé cette marque. Avant de réduire ma puissance au kilomètre 80, j’étais à 37 km/h de moyenne et j’ai terminé les 90 kilomètres avec 36.5 km/h. Ce parcours était très rapide!
J’ai bien suivi mon plan de nutrition : 1 bouteille d’INFINIT + 1 gel par heure, avec 1-2 gels supplémentaires dans les 20 dernières minutes.
En sommaire, j’ai bien suivi mon plan de course ici et j’ai très bien performé. J’ai été à l’écoute de mon corps et j’ai ajusté au besoin.
TRANSITION 2 - 0:2:08
Encore une fois, une performance légèrement supérieure à la moyenne en transition. La moyenne des participants ont pris 3 :26 à cette étape. J’aurais dû avoir une seconde serviette et une bouteille d’eau disponible pour mieux me nettoyer les pieds du sable.
COURSE À PIED - 2:04:58, approx. top~27%
~à peine sous les 6:00/km
>Graphiques et cartes: GARMIN CONNECT | TRAINING PEAKS
J’ai éprouvé des problèmes très tôt dans ce segment. Le début était OK, mais j’ai dû m’arrêter après quelques minutes car mes lacets n’étaient pas assez serrés (mes bas de courses était plus fins que ceux d’entraînement - manque de préparation). J’ai couru les 5 premiers kilomètres à bonne vitesse. Je me suis même dit que j’avais peut-être la possibilité de terminer la course en moins de 5h. Comme j’avais faux!
Après seulement 2 km, ma grosse erreur du matin m’a rattrapé : le plaster (bandage) en tissus que j’avais placé sur mon second orteil a frotté avec le gros orteils, en plus du sable qui restait dans mes bas) et une grosse section de peau s’est arraché, me faisant éprouver des élans de douleur assez prononcés. Je me suis arrêté à plusieurs reprises juste pour essayer d’améliorer cette situation - sans succès. Avec de la détermination, j’ai tout de même réussi à changer de focus et à ignorer la douleur.
Le soleil tapait très fort, sur un parcours presque sans zones ombragées. La majeure partie du parcours était sur une surface gazonnée inégale, dans une chaleur torride. À ce moment, j’ai procédé à mon unique arrêt aux toilettes dans une toilette chimique en plein soleil. Il devait faire 45 degrés là-dedans. J’ai cru m’y sentir mal.
Finalement, la chaleur a eu le meilleur de moi. Mon rythme cardiaque a commencé à monter en flèche et j’ai dû me mettre à marcher occasionnellement pour laisser une chance à mon corps. Je bougeais encore assez vite quand je courrais, mais les épisodes de marche sont devenus de plus en plus fréquents. Par chance, ils avaient des aires de support à chaque mile (1.6 km) avec de l’eau, du Gatorade et des piscines remplies de glace. Je me suis arrêté à chaque station pour une douche de glace. Cela m’a sauvé.
Les choses ont empirées au milieu du parcours. Mes jambes se sont mises à barrer et à cramper à chaque pas. Je me suis mis à courir avec une enjambée modifiée afin de réduire la douleur et les blocages. Les espadrilles sont devenues lourdes et ‘squishy’ en raison des douches de glace, n’aidant pas la situation. Très rapidement, la course et devenu un enfer dans mon cas.
Le parcours faisait 3 boucles,. Corinne et ma famille s’était placés à un endroit stratégique : à l’ombre, à un endroit où je passais 2 fois par boucle. C’était un réel réconfort de les croiser à chaque boucle.
À la fin, je n’arrivais même plus à courir plus de quelques centaines de mètres avant de marcher encore, malgré toute la volonté du monde. Chaque pas est devenu une épreuve. Je n’avais plus qu’un kilomètre à parcourir et je ne suis même pas arrivé à le faire tout à la course. Je ne vous dis pas mon bonheur quand la ligne d’arrivée est apparue dans mon champ de vision. Si la course avait fait que quelques kilomètres de plus, il m’aurait fallu une éternité pour les parcourir.
Selon Mr Garmin (ma montre), je me suis arrêté plus de 27 fois pour marcher. C’est complètement fou! Moi qui ne voulais VRAIMENT pas marcher.. Je peuux faire tellement mieux. Je termine habituellement dans les 10% des meilleurs au niveau de la course dans les grands évènements. Dans le graphique de mon rythme cardiaque ci-dessous, chaque vallée correspond à un arrêt -pour essayer d’améliorer le cas de mon pied - ou une section de marche.
APRÈS COURSE
Après la course, mon rythme cardiaque ne descendait pas sous les 135, ce qui était assez inquiétant. Je devais continuer à marcher (en boîtant) pour 15-20 minutes après avoir passé la ligne d’arrivée car chaque fois que je m’arrêtais, la tête se mettait à tourner et je commençais à perdre connaissance. J’ai dû me jeter 10 verres d’eau glacée sur la tête pour reprendre mes esprits.
Je suis allé à la tente de massage, où il n’ont pas pu faire grand-chose pour moi car mes quadriceps se contractaient douloureusement aussitôt qu’on me levait la jambe. Ils m’ont envoyé à la tente MEDIC pour un traitement de glace.
Après une pointe de pizza, j’ai sorti mon pied droit de ma chaussure pour constater les dégâts : une pièce de peau grosse comme deux 25 sous pendait laissant à découvert une section à la chaire vive avec du sable dedans. Je suis donc retourné au MEDIC pour faire nettoyer. Ils ont d’abord essayé un produit similaire à de l’alcool.. je ne vous dit pas l’élan de douleur… Ils ont finalement changé d’idée et utilisé du liquide à intraveineuse, qui a fait le travail sans la douleur.
Après tout cela, j’ai sorti mon vélo de la transition pour l’enregistré avec l’organisme de transport. Nous avons finalement quitté le site de la course en marchant (en boîtant encore une fois) les 2o minutes requises pour atteindre le stationnement. La ligne pour les navettes était beaucoup trop longue. Sur notre chemin, nous avons croisé des gens encore en train de terminer la course sur le parcours. Alors qu’il était plus de 3 heures.
RESULTATS - 5:18:46 - 340/2025 au total - 48/349 dans mon groupe d’âge
Je pensais vraiment être capable d’une meilleure course à pied. Marcher me semblait inacceptable mais je n’ai pas réussi à faire autrement cette fois-ci.
En sommaire, je dois regarder à l’ensemble de ma performance tout en considérant mon parcours tout de même assez récent dans ce sport. J’ai très bien fait pour plus de 75% de cette course et j’ai battu mon temps espéré de 5h30. Je dois donc être fier de ma réalisation.
Plus de photos sont disponibles dans l’album ci-dessous:
Le prochain Ironman70.3 que je pensais faire cette année est Muskoka, en Septembre. Par contre, ce parcours est très montagneux et le segment de vélo est plus long. Je ne peux donc pas espérer battre mon temps à cette course. Je pense donc à m’inscrire à l’Ironman 70.3 de Steelhead au Michigan en juillet pour essayer de battre ma performance… À suivre.