Ceci est une version légèrement abrégée de mon rapport de course. La version anglaise a un plus de détails.
En général, l’organisation, l’endroit et la course en tant que tel nous ont positivement impressionnés. Plusieurs personnes rencontrées au cours des derniers mois avaient commenté sur le fait que cette course était leur préférée de loin, mais je ne m’attendais à rien. L’endroit était superbe, les gens franchement sont super, le parcours est génial et très scénique. L’esprit sportif est génial là-bas. Après tout, ils ont été hôte des jeux olympiques d’hiver 2 fois dans leur histoire. Au niveau de la course, on se sentait comme une star du rock avec 3000 volontaires pour prêter attention à 2500 participants.
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SAMEDI
Après ma session de nage le samedi, on était tombé sur un gars qui donnait un discours à un groupe d’athlètes. Cela semblait intéressant alors on s’est assis et on a écouté. C’était l’un des entraineurs de ‘Endurance Nation’. C’était bien de se faire rappeler les bonnes stratégies de course en Ironman. Le discours est intéressant. Ils ont fait une vidée en 4 parties qu’ils ont mise sur YouTube. La première partie parle de gérer une course Ironman en général, les 3 autres parties sont relatives aux particularités du parcours à Lake Placid. Vous pouvez écouter (en anglais) ICI pour la partie 1. (partie2, partie3, partie4).
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DIMANCHE – DÉPART DE LA COURSE
Levé à 4h20 le matin, mais réveillé vers 3h45 : les voisins du dessus, aussi des participants, avaient commencé à brasser… Ensuite, la routine habituelle précédent une course : déjeuner de bagel, beurre d’arachides, banane et repas liquide ENSURE. Une pilule de cafféine, histoire de se réveiller sans Diet Pepsi (j’avais peur que les bulles me donnent des maux d’estomac pendant la longue nage). Ensuite, c’était le temps de rassembler mon équipement (bouteilles d’eau, nutrition, etc), enfiler mon uniforme de course et partir pour le site. Arrivés en ville, cela fourmillait d’activité déjà! Première étape, marquage de mon numéro de course et de mon âge.
Ensuite, passage en transition pour placer ma nutrition et mon ordinateur de bord Garmin sur mon vélo. Finalement, vérification mécanique: pression des pneus, freins, sélection d’un rapport de vitesse appropriée pour le départ, etc.
C’est là que j’ai appris la mauvaise nouvelle: la température de l’eau est 0.9 degrés trop élevée pour que les combinaisons de nages soient permises à tout le monde. La combinaison est maintenant optionnelle, mais interdite au gens qui désire être éligible aux prix et aux places pour le championnat du monde à Hawaii. Cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de la course, donc personne n’était mentalement préparé pour cette éventualité dans leur préparation de course.
Après un débat intérieur assez animé, et après consultation avec Corinne, j’ai décidé d’y aller sans combinaison. Toutefois, la plupart des athlètes qui ne convoitaient pas les places pour Hawaii ont choisi de prendre la combinaison, 8 personnes sur 10. Cette décision me coûterait cher…
Mon erreur était de garder ma montre GPS Garmin 310XT au poignet, comme je fais toujours.
À la plage, je rencontre David Orchard, un ami aussi de Windsor qui fait la course. Je lui demande si il prend le wetsuit et il éclate de rire en disant qu’il n’irait pas sans combinaison même si sa vie en dépendait. Cela m’a fait douter! David est un meilleur nageur que moi, et bien plus rapide. Il m’a plus tard dit qu’il a eu une super nage en 57’ et sans traffic. Mon expérience serait bien différente.Comme on le voit ci-dessous, la grande majorité des participants ont opté pour le port de la combinaison…
NAGE
Le départ était FOU! En moins de 5 secondes j’ai reçu 2 coups au bras gauche, je regarde mon poignet et malheur! Il est nu! Ma montre GPS Garmin 310XT en en chemin pour le fond du lac. Pas le temps d’attendre ou d’essayer de la rattraper : des centaines de personnes sont derrière moi sur le point de me monter sur le dos!! Le parcours est dense, énormément de contacts. Je ne panique pas, mais je suis des plus inconfortables. Nulle part ou aller : devant, derrière, de chaque côté… c’est la foule et je n’arrive pas à atteindre un endroit plus calme.
VIDEOS DU DÉPART DE NAGE (YouTube)
video 1 (vue de derrière)
Video 2 (vue du quai)
Video 3 (vue de mon côté)
Pendant la nage, je pense à ma montre manquante et l’impact pour ma course. Sans le GPS (ou même l’heure!), la course à pied sera problématique puisque tout mon entraînement est basé sur mon rythme. Un plan se forme : mon ordinateur de vélo est aussi GPS, il a l’heure, et il se démonte en un quart de tour. Suffit de le prendre à la fin de mon vélo et le placer dans ma poche arrière. Je n’aurai pas mon rythme de course, mais j’aurai ma vitesse en km/h : mieux que rien. Avec un plan de rechange en place, je me concentre de nouveau sur ma nage, qui ne se passe pas très bien. Ma navigation est un peu erratique et j’en prends large pour éviter le plus gros de la foule. En résultat, j’ai donc plus de distance à parcourir.
Je me souviens clairement penser que j’aurais des cauchemars à propos de cette nage. Le problème c’est que moi j’étais plus lent sans combinaison alors qu’une horde de nageurs normalement plus lent que moi ne l’était plus car ils avaient opté pour le port du wetsuit. Cela a rendu ma nage beaucoup plus rock-and-roll que prévu. J’espérais pouvoir m’échapper au devant, mais pas possible dans ces conditions : je ne suis pas assez rapide.
Avant la course, j’espérais faire 1h02 à 1h06 au segment nage (avec combinaison). Sans wetsuit, j’imagine que je m’attendais à 1h05 à 1h10.
Quand je suis sorti de l’eau à la fin de la première de 2 boucles, je regarde l’horloge officielle et je vois 44:XX. QUOI?! Fois deux, cela fait 1h28!!! Je savais que cela n’allais pas bien, mais pas à ce point là. Marche rapide sur quelques mètres de plage, salutations à Corinne et ma famille au loin, et de retour dans l’eau pour une seconde boucle, que je n’avais vraiment pas envide de faire! J’espérais que le parcours serait plus libre au second tour, mais en vain. Me voici sur la photo du bas, au bout de la flèche. Remarquez que nous sommes plusieurs corps collés les uns aux autres…
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J’ai mieux nagé par la suite, me préoccupant de ma forme. Après le dernier virage pour le retour à la plage, une envie d’aller aux toilettes m’a pris (numéro 2 bien sûr) ce qui a rendu une portion de la nage pour le moins inconfortable haha! Comme quoi si j’avais pu aller avant le départ, tel que prévu, j’aurais économisé du temps.Je suis sorti de l’eau un peu brûlé par la nage. On le voit dans les photos, j’ai pas trop le sourire hehe!
En courant vers la transition, je me demande (un peu tard) quel est mon temps alors je me retourne et je croit pouvoir discerner 1:09:XX à l’horloge??? Pas si mal après tout. Finalement, en fin de première boucle, ce que j’ai vu était le temps écoulé depuis le départ des pros, partis 10’ avant nous.
Segment NAGE: 3.8 km en 1:09:08 L’entraineur n’est pas impressionné…
Cela m’a place en 537ième position au total (sur 2500+), 98ième dans mon groupe d’âge. Pas un bon depart…
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TRANSITION 1 – 6:16
Mon budget total pour les 2 transitions était de 7’ base sur une analyse des résultats de l’an dernier.
Ma transition en tant que telle était simple: pas de changements d’habits (comme beaucoup font). Casque, lunettes, souliers de vélo. Ensuite on place l’équipement de nage (bonnet, lunettes) dans le sac que l’on donne au volontaire avant de charger vers la sortie. Je devais toutefois aller aux toilettes ce qui m’a coûté quelques minutes expliquant ma piètre performance à cette étape.
Même avec cette transition un peu lente, j’ai gagné 83 positions au total et 17 positions dans mon groupe d’âge juste en transition. J’ai donc débuté le vélo en 454ième position.
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VÉLO – 180 km
Le vélo s’est bien passé en général. J’ai légèrement ralenti en second boucle, mais c’était intentionnel.
À cause de ma position en sortie de nage il y avait énormément de trafic sur les 15 premiers km en vélo. J’ai rapidement passé des centaines de personnes (littéralement).
Because of the swim situation, the first 15 km of the bike were really crowded, but I quickly passed hundreds of people – literally.
Je n’ai pas trouvé que le parcours de vélo était bien difficile. Le parcours était SUPER et le temps était parfait pour en profiter. La descente au village de Keene était impressionnante. J’ai atteint des vitesses autour de 75 km/h. Sur un petit vélo de 19 lbs en carbone avec une courbe en fin de descente, je ne peux pas dire que je me sentais bien en sécurité!!!
On nous avait mis en garde à propos de la condition de la route dans cette section technique, mais quand j’y suis arrivé le trafic était n’était pas dense et il était facile de se choisir une bonne ligne sur les voies qui nous étaient réservées (sens unique pour les voitures le jour de la course).
À cause de la nature du parcours, pas de maux de dos pendant le vélo : à cause des montées et des descentes, on change souvent de position.
J’ai du m’arrêter à un moment pour inspecter ma roue avant. Elle avait commencé à faire un bruit de craquement assez prononcé à chaque fois que je mettais mon poids sur l’avant du vélo. Avec les vitesses atteintes et les descentes techniques, je ne pouvais pas me permettre d’ignorer cela. Une inspection visuelle ne révèle rien, alors je reprends (et le bruit continue…). J’ai donc perdu 1 minute selon Garmin. Surprenant de voir combien de positions on perds en 1 minute à l’arrêt…Critique pendant le vélo: ma nutrition. Je devais prendre entre 300 et 350 calories par heure. Facile à dire, mais pas toujours évident. Le liquide est facile à gérer. Les barres, cela va un peu moins bien quand on doit se battre avec l’emballage à vitesse de course sur un parcours qui change constamment.
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Pas de problèmes sur la première remontée en ville. Les simulations de course cet hiver et mon entrainement au parc Kensington ont portés fruit. La foule était pleine d’énergie dans la montée nommée ‘Papa Bear’ juste avant le centre-ville. Corinne et ma famille y étaient. C’était super de les voir.
Il y avait des spectateurs des plus colorés… joueur de cornemuse, les bananes dansantes, les gars en Speedo avec des personnages imprimés sur le peu de tissus disponible…
Au milieu du parcours de vélo, on a accès à un sac nommé ‘Special Need’ (besoins spéciaux) que l’on pouvait préparer le jour d’avant et placer à cet endroit le matin de la course. J’y avais mis un kit de réparation de crevaison supplémentaire et une paire de manches au cas qu’il fasse froid. Je n’avais besoin de rien, je suis donc passé à pleine vitesse. Ci-dessous, ma mère et Pierre près de la butte ‘Papa Bear’ ou ils sont allé m’attendre pour m’encourager.
Je n’étais pas trop déprimé d’avoir à débuter la seconde boucle et à tout refaire. J’étais plus près de la tête de la course à ce moment, donc très peu de traffic et beaucoup de temps en solitaire ou presque. Je n’avais qu’une personne en vue devant moi sur ma seconde descente vers Keene.
J’ai réussi à me re-lubrifier ‘l’endroit privé’ en roulant sans m’arrêter pendant un moment à peu près solitaire. À ne pas essayer à la maison.. nous sommes des professionnels! Haha! Mais un peu plus tard, ma vessie commençât à se plaindre. Je ne pouvais pas me résoudre à le faire sur le vélo (beaucoup le font) alors je me suis arrêté à une station prévue à cette fin. 3 minutes de perdues cette fois-ci. Pas super, mais au moins ce serait mon dernier arrêt du genre pour le reste de la course. Deux fois aux toilettes au total, ce n’est pas trop mal. Si je me bat pour une position au top de mon groupe d’âge dans le futur, je devrai peut-être apprendre à faire sur le vélo…
Pour vous donner une idée du niveau de support reçu des volontaires, voici un bon exemple. Quand j’ai fait mon arrêt à la toilette, je suis arrivé à fond la caisse, freiné à la dernière minute, j’ai accroché mon vélo sur le rack présent, et je suis entré dans la cabine. En sortant de la cabine, j’était des plus surpris de voir un volontaire en train de tenir mon vélo avec l’avant pointant dans la bonne direction, prêt à partir, en me demandant si j’avais besoin de quoi que ce soit (eau, jus, nourriture, etc). Super!
Peu après, je suis remonté sur un autre compétiteur qui n’avait pas mes inhibitions : après un petit regard mesquin vers l’arrière de sa part, j’ai tout juste eu le temps de me décaler de côté pour éviter sa cascade d’urine. PAS COOL! Au moins, je n’ai rien reçu.
Difficile ou pas comme parcours, la fin d’une sortie de 180 km parait toujours longue et plus pénible. Avec 20 km à faire, je commençais à en avoir marre et j’avais hâte d’arriver en transition.
Malheureusement, c’est l’endroit ou le parcours se remet à remonter sans arrêt pour retourner en ville. De retour à l’une des dernières grosses collines, ‘Papa Bear’, la foule nous redonne l’énergie nécessaire pour atteindre la ville de nouveau. En ville, encore plus de spectateurs en délire, plusieurs virage, la proximité de la transition et l’esprit qui commence à penser aux étapes qui suivent…
Grâce à Corinne, j’ai de super photos encore une fois! Contrairement à l’habitude, les photos des photographes officiels de l’évènement étaient aussi pas mal. En voici quelques unes :
Je descends de mon vélo avec précautions, le remet à un volontaire avant de me diriger vers les supports pour prendre mon sac de transition numéro 2.
Segment VÉLO: 180 km en 5:25:47 à 33.2 km/h de moyenne. Pas trop mal considérant la nature ondulée du parcours et 4 minutes à l’arrêt. C’était le 78ième temps le plus rapide de la journée. Poster le temps vélo le plus rapide n’est pas nécessairement un bon objectif car il faut être capable de courir le marathon par la suite. Le parcours de course est empli de gens qui marchent en fin de journée, et pour beaucoup d’entre eux, la raison est qu’ils sont allés trop fort à vélo.
J’ai passé 355 personnes sur ce segment. Je suis arrivé en T2 en 99ième position au total et en 27ième position dans mon groupe d’âge après avoir passé 54 compétiteurs dans ma catégorie.
Si vous aimez les chiffres, mon poids de course était de 159 lbs et ma puissance normalisée de 226 watts pour le segment complet (235 watts sur la première boucle, 217w pour la seconde). Pas mal sur la cible que je visais. Données GPS disponibles ICI: http://tpks.ws/QFyZ
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TRANSITION 2 – 2:47
Pas mal. Je devais lubrifier quelques orteils en particulier avec de la crème et mettre une paire de chaussettes avant d’enfiler mes chaussures. J’ai bien fait car je j’ai terminé la course sans aucune ampoule. Je ne peux pas dire de même de toutes mes courses en entraînement…
Mon temps total en transition passe donc à 9 minutes, 2 minutes de plus que prévu. J’ai perdu 2 positions au total en T2, mais j’en ai gagnée une dans mon groupe d’âge. Je commençais donc la course à pied en 26ième position dans les Hommes 35-39 ans.
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COURSE À PIED (CAP) 42.2 km
Je suis le style de gars qui regarde sa montre toutes les 2 minutes, compare sa vitesse avec l’objectif, et ajuste au besoin. À la fin d’une course, c’est ce qui me pousse à me dépasser. Me voici maintenant au départ de mon premier marathon à vie (avec 7 h d’échauffement) sans avoir aucune idée de l’heure qu’il est et encore moins de ma vitesse.
Quand j’ai croisé Corinne, je lui ai crié en passant que je n’avais plus ma montre. Elle n’avait pas réalisé ce fait auparavant. Elle a commencé à visionner les photos qu’elle avait prises de la course et a remarqué que la montre était manquante en fin de nage : pas un bon signe! Me voici qui attaque le parcours de CAP dans mon uniforme LPC.
Après un mille, j’ai demandé l’heure à un spectateur pour avoir une idée du temps de course total. Au moins, c’était facile à calculer avec un départ à 7h00 pile le matin. J’ai répété cette question à mainte reprise pendant la journée!
Ne sachant rien de ma vitesse et me rappelant le discours auquel j’ai assisté le jour precedent, j’ai décidé de ralentir plus que ce qui me semblait être un pas raisonnable. Valait mieux agir avec précautions. Le parcours était pas mal vide de compétiteurs sur ma première boucle.
Sans ma montre, et avec ma décision d’agir avec extrême précautions, j’ai décidé de marcher quelques pas à chaque station de ravitaillement: il y en a une à chaque mille (1.6 km). Je pouvais donc prendre quelques calories, boire correctement et me rafraichir avec de la glace ou une éponge. Après une vingtaine de pas, je me remettais à courir. En y repensant, ce n’était pas une super idée, tel que mentionné plus loin. Me voici en train de me rafraichir en croquant des cubes de glace.
Le début paraissait facile, mais c’est parce que on ne faisait que descendre.. et descendre.. et descendre.. Cela n’augurait rien de bon: il faudrait bien remonter plus tard!!!
Sur mon retour vers le centre-ville, un autre coureur avec une montre Garmin m’a rattrapé et a couru un près de moi au même pas. Je lui ai demandé à quelle vitesse on courait, il a répondu 8’/mi. Exactement sur ma cible à 5’/km. Cela m’a rassuré un peu.J’ai couru sur la colline la plus imposante pour remonter vers l’anneau olympique. Corinne, ma mère et Pierre s’y trouvait pour m’encourager. Cela me donnait un regain d’énergie à chaque occasion. Me voici attaquant cette montée.
À ce moment, Corinne me dit que David Orchard est à 4’ devant, ce qui m’a surpris. J’avais eu un bon vélo, et je ne savais pas qu’il était fort lui aussi à cette discipline (je ne le connaissais pas bien). Il avait donc une bonne course lui aussi!
La première boucle maintenant faite, je me sentais encore pas mal bien. Et je savais que la prochaine section était descendante alors tout allait bien. En repassant Corinne, elle me dit que David vient juste de passer, 2’ avant. J’imagine qu’il traversait un moment difficile, car je venais juste de gagner beaucoup de terrain sur seulement 2 km. Me voici, attaquant la dernière moitié du parcours de course.
Comme de fait, quelques minutes plus tard, je rejoint Dave et le dépasse. On s’encourage au passage. Je ne le sais pas à ce moment, mais je suis sur le point de frapper mon mur également.
Un peu plus tard, près du 17ième marqueur des ‘milles’, les choses se sont corsés pour moi. Avant longtemps, je marchais non seulement les stations de ravitaillement mais aussi un peu avant, un peu après ainsi que toute portion du parcours qui semblait monter en pente. Au moins, je me remettais à courir sur le plat et les pentes descendantes. David m’a rattrapé et on est resté ensemble pendant un moment, se poussant un peu l’un et l’autre pour se remettre à courir après des pauses de marche. Chaque fois que l’on marcherait, ce serait vigoureusement. Toujours aller de l’avant…
Il avait une montre, et j’si dû lui demander l’heure 15 fois et lui faire calculer à savoir si on était toujours bon pour finir sous les 11 heures, sachant que mon objectif original de terminer plus près de 10h était maintenant chose du passé.
D’une manière queconque, je suis tombé un peu derrière lui en marchant l’une des dernières grosses montées. On dirait qu’il s’est mieux senti par la suite car il a été capable de me mettre 3’ sur les derniers kilométres. J’ai dû marcher quelques fois de plus brièvement.
Pourquoi ai-je marché ‘autant’ vers la fin? J’aimerais vraiment avoir les données GPS pour analyser ma course et savoir si je suis parti trop vite (ou confirmer que ce n’est pas le cas). J’ai bien suivi mon plan de course sur le vélo, mais ma cible de puissance était un peu haute à 74% de mon seuil FTP. Est-ce que mon volume de course à pied en entrainement (40-45 km/sem) était trop faible? Ou est-ce une question de force mentale? Probablement une combinaison de toutes ces raisons.
Mais quand j’y pense, je crois que le mental y est pour beaucoup. Jamais je ne me suis senti si mal qu’à Orlando l’an dernier. Les muscles ont bien tenu le coup en général. Le fait d’avoir marché toutes les stations d’aide n’a pas aidé. Le problème est que quand les choses deviennent beaucoup plus difficile, le corps (et l’esprit) connaissent trop bien le soulagement que la marche apporte. Et puis on a déjà marché 17 fois.. qu’est-ce qu’une fois de plus??
En tout cas.. de retour à la course… J’avais besoin de repasser le centre-ville une dernière fois pour aller au lac avant de revenir vers la ligne d’arrivée située à l’anneau olympique. Encore une fois, j’ai demandé l’heure aux spectateurs afin de calculer si j’allais y arriver en moins de 11h ou non haha!
Je n’ai jamais vraiment pensé que je pourrais être émotionnel à la fin de la course. Après tout, ce n’est qu’un triathlon – un peu plus long que les autre je le concède. Mais arrivé si près de la ligne d’arrivée de ce défi personnel j’ai pensé au chemin parcouru depuis 2009, perdant plus de 70 lbs et à tous les sacrifices fait par non seulement moi mais aussi par Corinne pour arriver à ce moment, sans compter son support tout au long de cette aventure. Il n’y a pas si longtemps, j’étais extra-impressionné juste à la mention des distances que comporte la course Ironman et avait un énorme respect pour toute personne ayant complété ce défi. Et voilà que j’étais à quelques minutes de cette fameuse ligne d’arrivée! J’allais devenir un ‘Ironman’. Quand je laissais ces pensées suivre leur fil, je dois dire que les larmes me sont montées aux yeux… Faut dire, après plus de 10h d’activités soutenues, l’esprit passe à un état un peu spécial. Il devient difficile de se concentrer sur quoi que ce soit. J’ai toutefois réprimé ces pensées, du moins pour le moment, afin de me concentrer sur le dernier kilomètre à parcourir.
Je suis arrivé à la dernière intersection ou on doit aller à gauche pour une autre boucle (NOOON!) ou à droite pour la chute d’arrivée (OOOUUIIII!).
Cela a fait plaisir de prendre la droite cette fois-ci!J’ai pris le chemin de l’anneau de patin olympique et la foule était imposante et animée! J’ai senti une présence derrière moi arrivant à grande vitesse. Ma première impulsion était d’augmenter le pas et de conserver ma position. C’était une femme. Après un moment en sprint, elle ne démordait pas et j’ai décidé de ralentir intentionnellement afin de prendre le temps d’apprécier la fin de la course et avoir une bonne photo à la ligne d’arrivée. Je n’étais pas à une position près sur le total et elle n’était pas dans ma division.
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Course à pied… 42.2 km en 3:57:46 avec un ‘pas moyen’ de 5:38/km, cédant 60 places au total et 18 dans ma division malheureusement. Je suis tombé court en rapport à mes attentes les plus aggressives, mais c’est tout de même très bon pour une première fois. Si j’avais eu ma montre GPS, j’aurais peut-être pu faire mieux.. et peut-être que non. Qui sait? Je crois toutefois que de voir mon pas moyen prendre une chute en fin de course m’aurait motive à pousser plus fort.
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ARRIVÉE
J’ai passé la ligne avec le sourire - du moins, c’était l’intention. Il est possible que cela ressemble plus à une grimace haha! J’ai vu Corinne, ma mère et Pierre à l’arrivée de l’autre côté des barrières et je leur ai fait signe… J’Y SUIS ARRIVÉ!!!!
TEMPS TOTAL = 10:41:42
Position TOTAL = 161 / 2500+
Position Groupe d’Âge = 44 / 302
Des volontaires sont restés avec moi pendant plusieurs minutes pour s’assurer que j’étais correct.
Quand j’ai marché vers Corinne après la ligne d’arrivée, les émotions ont pris le dessus encore une fois. Je l’ai prise dans mes bras, et je me suis laissé aller.
Album…